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 LA BCE ... indépendante de la Présidence de l'UE !

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MessageSujet: LA BCE ... indépendante de la Présidence de l'UE !   LA BCE ... indépendante de la Présidence de l'UE ! Icon_minitimeDim 06 Juil 2008, 18:00

Par Jean Matouk

Créé 07/06/2008 - 11:25

Comme nous le pressentions dans la chronique du 4 mai [1], la Banque centrale européenne (BCE), par la bouche de son président, Jean Claude Trichet, a annoncé hier une hausse de 0,25% de son taux d’intérêt. Le motif? Faire obstacle à la naissance d’une spirale prix-salaires, ou, pour le dire plus trivialement, lutter contre l’inflation.

Cette hausse n’est pas une surprise. Jean Claude Trichet l’avait largement laissé prévoir par ses déclarations. Les critiques préventives, plus ou moins explicites, de cette mesure par Nicolas Sarkozy, Christine Lagarde, José Luis Zapatero et le ministre allemand de l’Economie Michael Glos n’y ont rien changé. Au contraire peut-être! Une fois de plus le président de la BCE a peut-être été très heureux de réaffirmer, comme si c’était encore nécessaire, l’indépendance de la BCE.

Rappelons brièvement les mécanismes par lesquels la hausse du taux d’intérêt est censée freiner l’inflation. Le premier est le plus sûr: si la hausse de ce taux entraîne une hausse de l’euro par rapport au dollar, ce qui s’est produit régulièrement ces dernières années, les prix des produits importés, notamment pétrole et produits alimentaires, souvent payés en dollars, sont freinés.

Second mécanisme: en principe une telle hausse rendant le crédit plus cher pour les banques qui devraient se refinancer, les incite à élever leurs propres taux d’intérêt, donc à freiner les emprunts des entreprises, c’est-à-dire la création de monnaie par les banques, laquelle est rendue responsable de l’inflation. Toutefois, une hausse de 0,25% est tellement faible, son impact final sur le crédit bancaire est donc tellement négligeable qu’il s’agit beaucoup plus d’un "signal", une menace qui indique que la BCE ne laissera pas se développer la fameuse "spirale prix-salaire": hausse des prix - revendications salariales – hausse des salaires - hausse des coûts de production et, finalement, renforcement de la hausse des prix.

Mais, justement, des signes qu’une telle spirale est enclenchée sont-ils apparus? Peut-être, un petit peu, en Allemagne, encore que les revendications salariales y aient été antérieures aux brutales hausses du pétrole et des prix alimentaires. Il faut dire que les salariés allemands ont perdu 0,9% de pouvoir d’achat par an entre 2003 et 2007, et qu’ils ont donc, à juste titre, demandé d’avoir aujourd’hui leur part des succès allemands à l’exportation. Mais dans les autres pays, point de spirale. La décision de la BCE est donc vraiment préventive.

Mais, si on l’examine d’un point de vue social, ou politique au sens noble du terme, elle est aussi très injuste. La hausse des prix a été initiée sur les marchés du pétrole et des matières premières, notamment alimentaires. Elle profite donc aux pays producteurs, (mais fort peu, bien souvent, à la masse des citoyens de ces pays), aux compagnies pétrolières, aux grands producteurs de céréales et aux commerçants rémunérés en pourcentage du prix.

Vouloir casser par avance la spirale prix-salaire, cela signifie donc imposer aux salariés des pays de la zone euro, de supporter directement ces hausses et leurs répercussions, en subissant une baisse de pouvoir d’achat. Pour les titulaires de hauts revenus, l’impact est faible; d’autant qu’une part de leurs revenus est souvent non salariale, et liée aux bénéfices des entreprises. Ceux qui peuvent fixer, au moins en partie, leur propres rémunérations, en fixant leurs prix ou honoraires, commerçants ou professions libérales, peuvent aussi supporter ces hausses. Seuls, donc les salariés moyens et bas sont vraiment atteints par ce freinage-blocage des salaires. C’est à leur seul détriment que la BCE lutte contre l’inflation.

Et comme la hausse de l’euro a tendance à freiner les exportations, donc la production et l’emploi, comme le renchérissement éventuel du crédit aurait le même effet sur l’activité des entreprises, la menace du chômage viendra s’ajouter au sacrifice salarial. Pour nombre de citoyens, l’action de la BCE, loin d’apparaître comme protectrice vis-à-vis de l’inflation, et comme politiquement neutre, s’apparente, au contraire, à une mesure de plus venant creuser les inégalités.


URL source: http://www.rue89.com/matouk/la-bce-creuse-les-inegalites-entre-les-salaries-et-les-autres


Ma chère "sarkozette " ..; vous voyez vous n'avez pas le monopole de posté des articles "piqués " ici où là !

Bonne lecture !lol!
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